Voilà la jungle, la vraie ! Celle où il n’y a pas de sentier, pas d’aire de pique-nique, mais juste une épaisse intrication de lianes, de branches, de troncs. Celle où l’on n’est autorisé à pénétrer qu’avec un guide, car il s’agit d’un parc national, et de toute façon, seul, on serait irrémédiablement perdu au bout de 10 minutes !
Bukit Lawang est un village installé à la lisière du parc national de Gunung Leuser. Pour l’atteindre depuis Medan, la grande ville côtière du nord de Sumatra, on longe pendant des kilomètres et des kilomètres des plantations de palmiers à huile. Comment mieux prendre conscience des menaces qui pèsent sur la forêt indonésienne et ses habitants, au premier rang desquels les orangs-outans ?
J’ai profité de mon séjour à Bukit Lawang pour réaliser un reportage sur les orangs-outans pour le site internet de l’émission d’Arte Global Mag.
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La « culture » de l’orang-outan
La simple vue du regard réfléchi et des mains d’un orang-outan invite à s’interroger sur la définition de l’humanité. Mais voilà ce qui intrigue plus encore les chercheurs : les orangs-outans sont capables d’apprentissage culturel. Ainsi, certaines populations d’orangs-outans peuvent être très proches génétiquement les unes des autres mais très différentes « culturellement ». Par exemple, ceux qui vivent d’un côté d’une rivière utilisent un outil pour sortir les graines d’un fruit, alors que ceux qui vivent de l’autre côté de la rivière ne le font pas. Au-delà d’obstacles géographiques, les interventions de l’homme dans l’environnement des orangs-outans rendent plus difficile la transmission de ce genre d’innovations et tendent à les raréfier. Ou comment l’être de culture par excellence, l’homme, cause l’appauvrissement de la culture de son cousin roux…
